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À bout de souffle

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|France - 1960| |Crime - Romance| |90 minutes - Noir et blanc - v.o. : Français et Anglais| |Réalisateur: Jean-Luc Godard| En tant qu’un des films les plus importants et novateurs de la nouvelle vague française, du cinéma français, bref du cinéma tout court, on a tout dit sur À bout de souffle Mais, nous, les cinéphiles, pourrions en parler pour les soixante prochaines années sans manquer de souffle. La trame narrative du film est si peu conventionnelle qu’il ne convient pas de la résumer. Il suffit de dire que le film met en scène deux jeunes adultes dans la vingtaine, Michel Poiccard (Jean-Paul Belmondo) et Patricia Franchini (Jean Seberg) dont l’un d’eux, Michel Poiccard est aux prises avec la police. La chasse à l’homme semble prendre une place plus secondaire, Michel Poiccard recroise la route de Patricia, une Américaine qui vend le New York Herald Tribune sur les Champs-Élysées et avec qui il a eu quelques semaines auparavant une aventure. Scène mythique de Patricia (Jean Seber...

Le pont de la rivère Kwai (v.o. : The Bridge on the River Kwai)

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  |Royaume-Uni - États-Unis - 1957| |Drame de guerre| |161 minutes - Couleur - v.o. : Anglais, Japonais et Thaï| |Réalisateur: David Lean| Le pont de la rivière Kwai , basé sur un roman de Pierre Boulle, arrive à un moment après la Seconde Guerre mondiale où Hollywood n’est pas en pénurie de film de guerre. David Lean n’est pas le premier choix du producteur Sam Spiegel. Initialement, c’est un film de studio, rien de plus. La consécration du film n’est pas ses 7 oscars, mais plutôt son influence sur le cinéma américain. Le film se classe en 36e position des meilleurs films de tout le temps selon L’AFI, un fait surprenant considérant qu’il traite davantage de l’identité britannique que de l’identité américaine. Le film relate l’histoire de prisonniers de guerre menés par le Colonel Nicholson (Alec Guinness), forcés par le Colonel Saito (Sessue Hayakawa) à construire un pont ferroviaire enjambant la rivière Kwai tandis qu’un commando des forces alliées à la mission opposée de le détr...

La bataille d'Alger (v.o. : La battaglia di Algeri) (9/10)

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|Italie - Algérie - 1966| |Drame de guerre| |121 minutes - Noir et blanc - v.o. : français et arabe| |Réalisateur: Gillo Pontecorvo| À la renaissance d’un cinéma protestataire, en Europe, des artisans comme Gillo Pontecorvo ( Ogro [1979] , Kapò [1960] ) et Costa-Gavras ( Z [1969] , Missing [1982] , État de siège [1970] , L’aveu [1970] ) ont su réinsuffler un peu de vie tant dans la fiction que dans le documentaire. On n’a pas à regarder plus loin que ce qui s’est fait ici au Canada pour en voir les répercussions ( Les ordres [1974] , Kanehsatake : 270 Years of Resistance [1993] ). C’est pourquoi on comprend que bien que le colonialisme soit en large part terminé, tant qu’il y aura des guerres, des interventions militaires musclées, des insurrections, des révolutions, ce genre de film demeurera essentiel. Ainsi, l’héritage de La bataille d’Alger (1966)  réaffirme aussi la force et l’importance l’art comme document d’archives et comme outil de reconstruction pour un pays. Voilà pourq...

Belfast (6/10)

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  |Grande-Bretagne - 2021| |Chronique d'époque| |98 minutes - Mixte - v.o. : anglais| |Réalisateur: Kenneth Branagh| Avec sa consécration au TIFF et la réussite d’un autre drame semi-autobiographique monochrome, Roma d’Alfonso Cuarón, il y a trois ans, Belfast est promis à un succès certain durant la saison des prix. Dans ce nouveau film, Kenneth Branagh relate « les troubles » qui ont secoué Belfast et sa vie quotidienne durant l’année 1969. En interview, il évoque avec éloquence les images qui l’ont hanté dans son quartier d’enfance : les barricades, le sable tapissant la rue, les émeutes, les fenêtres éclatées. Pourtant, dans ce quartier, tout le monde, protestants comme catholiques, semblait bien s’entendre jusqu’au jour où les émeutes ont débuté. Dans Belfast , on voit « les troubles » d’Irlande du Nord sans chercher à en expliquer leurs causes. En effet, on assiste plutôt à toute la confusion causée par cette succession d’images surréelles et aux tentatives de Buddy, l’alter ...

Hellboy (7/10)

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  |États-Unis - 2004| |Drame fantastique| |122 minutes - Couleur - v.o. : anglais| |Réalisateur: Guillermo del Toro| Guillermo del Toro peut produire aussi bien des fables intimistes et poétiques récompensées aux festivals et aux cérémonies telles que  La forme de l’eau  ou  Le labyrinthe de Pan que des superproductions comme  Hellboy .  La beauté de la mise en scène de  Hellboy, c’est que sous ses airs de film d’action de divertissement, le film sait garder ce qu’il y a de mieux, à mon avis, dans l’univers de del Toro, soit sa part de fantaisie cauchemardesque Lovecraftienne. Tout ceci met ainsi en valeur la source primaire du cinéaste soit l’horreur fantastique. Justement, les créatures inspirées de Lovecraft, notamment Sammael, sont très originales. Mais, c’est tellement souvent le cas chez del Toro qu’il en vient presque inutile de le mentionner. Les connaisseurs de l’œuvre du réalisateur mexicain apprécieront également les autres sig...

L'inspecteur Harry (v.o. : Dirty Harry) (7/10)

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|États-Unis - 1971| |Policier| |103 minutes - Couleur - v.o. : anglais| |Réalisateur: Don Siegel| Avant le générique de Dirty Harry, la caméra nous fait regarder les noms des policiers décédés en service à San Francisco et derrière on peut voir un badge. Au premier abord, on pourrait y lire un banal hommage. En réalité, le reste du long-métrage, un peu à l’instar des autres de son genre comme La filière française , sorti la même année propose une image laide et pessimiste des forces de l’ordre. La fin est l’exemple parfait pour démontrer ce contraste. Harry jette son badge dans le ruisseau. Les noms des braves policiers au début deviennent alors, en quelque sorte, ceux de marginaux comme Harry qui se sont sacrifiés pour une institution pourrie. Sans la suppression du code Hays qui permet parallèlement à Eastwood et à Siegel de sortir un film violent et sombre qui concorde avec leur message, cette vision n’aurait sans doute pas vu le jour. Harry Callahan est l’antithèse du policier modè...